Photo E.E., Les Fougis 2009: représentation "d'archétypes de la pensée" qui émergent de la brume

S'avançant parmi les sculptures monumentales au pied des monts d'Auvergne, le visiteur peut reconnaître de lui-même, des représentations épurées de dragons, ou de créatures issues de la mythologie – s’élevant souvent à plus de dix mètres de hauteur – au milieu d'une nature idyllique. Sur la colline, il aperçoit aussi un ancien manoir de chasse construit aux temps reculés des ducs de Bourbons.

Le mariage de styles diamétralement opposés, comme celui de ces sculptures féériques modernes avec l’architecture seigneuriale de la Renaissance évoque volontiers une imagerie de rêve ...

Et pourtant, depuis ses débuts en 1960, l'oeuvre de l'artiste et ingénieur Erich Engelbrecht n’a pas tant été le reflet de sa fantaisie personnelle, que celui de la pensée elle-même.

Chacune de ses créations a été conçue comme une représentation monumentale de l'esprit humain, tel qu'il a effectivement été partiellement décrit à partir de ce siècle par les psychologues et les philosophes modernes. Ainsi pour Erich Engelbrecht, le lien de l'individu avec la perception subconsciente d'une part, et la pensée de la conscience collective d'autre part, est à la fois le sujet de son œuvre entière, le sujet de chacune de ses réalisations, et en fin de compte, le sujet de l’intelligence humaine elle-même.

Dans ces œuvres allégoriques, les considérations esthétiques sont donc ordonnées par les impératifs thématiques jusqu’au plus haut point. Pour saisir ce qui rend ces créations remarquables, il faut par conséquent observer comment elles sont intégrées dans un langage de formes « archétypiques1 » très particulier.

Ainsi, tout à fait indépendamment de a personnalité de leur créateur, on peut se rendre compte dans cette exposition, à quel point l’œuvre de Engelbrecht correspond intimement à notre mode de pensée humain.

C.J.

1 Jung, C. G., (1934–1954). The Archetypes and the Collective Unconscious.
(1981 2nd ed. Collected Works Vol.9 Part 1), Princeton, N.J.: Bollingen.

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C’est le médecin Sigmund Freud qui le premier en 1899, identifie les rêves de l’homme comme une manifestation auto-descriptive
de son état d’âme. Et André Breton, cite l'influence tout à fait involontaire de ces recherches neurologiques pour la création du 1er "Manifeste" d'art surréaliste en 1924.



De même, daprès les conceptions philosophiques de Carl Jung par exemple, les processus élémentaires qui sont à l'oeuvre dans lìnconscient humain, correspondent entièrement avec le travail "visionnaire" de la fantaisie artistique.

Ce sera sans doute aux historiens d'art du futur par conséquent, de décider si ces sculptures ne méritent pas également, compte tenu de leur sujet réel, une place particulière parmi les oeuvres des Surréalistes.


W. Engelbrecht

Illustration ci-dessus: Salvador Dali, photografié par Hartman en 1948.

Des artistes ont déjà souvent par le passé, tenté de reproduire l’athmosphère des songes dans leurs œuvres, délivrées du contrôle de la raison. Ils se sont efforcés d'échapper ainsi à la tyrannie de la conscience. Au début du XXe siècle, l’imagination débordante elle-même, fut consacrée comme principe esthétique général du mouvement Surréaliste. Finalement, ce sont pratiquement tous les sujets anecdotiques de la culture occidentale qui furent peu à peu remplacés par le jeu de la fantaisie dans les arts plastiques.

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Dali - Paranoia Critique